Gare aux entreprises zombies !

  
0:00
-4:44

Bonjour à tous ! Chaque lundi nous vous envoyons un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente.

L’“Édito” de cette semaine parle de la conjoncture économique (qui est catastrophique) et de la multiplication préoccupante des entreprises zombies.

Le déferlement du COVID-19 sur l’économie mondiale a provoqué un déploiement massif d’argent public auprès des entreprises comme des ménages. Combinées à une politique monétaire accommodante, des mesures comme les prêts garantis par l’État ou encore l’assouplissement du recours au chômage partiel ont permis à de nombreuses entreprises de garder la tête hors de l’eau en dépit d’une situation macroéconomique catastrophique. Pour mémoire, le PIB de la France devrait se contracter d’environ 10 à 12% cette année. Cette situation, infiniment plus désastreuse qu’après la crise financière de 2008, va forcément laisser des traces dans toutes les dimensions – économiques, sociales et politiques.

Depuis le début de l’été, en particulier, les économistes examinent l’état de l’économie et s’interrogent sur la forme de la reprise. Aux États-Unis, ce sont les lettres de l’alphabet qui sont utilisées pour illustrer ce débat. On a parlé d’abord parlé de “reprise en V” (V-shaped recovery) pour signifier que la pandémie n’était qu’une sorte de trou d’air et que l’économie allait vite retrouver son état normal.

Depuis une date plus récente, cependant, un consensus a commencé de se former sur l’idée d’une “reprise en K” (K-shaped recovery), c’est-à-dire une reprise marquée par une divergence radicale entre deux groupes d’entreprises (d’où le recours au ‘K’ et à ses deux barres latérales : l’une qui monte et l’autre qui descend) : d’un côté, ceux qui ont encaissé le choc et se portent désormais mieux que jamais ; de l’autre, ceux dont le maintien en activité dépend de la pérennité des aides de l’État. Tant que celui-ci apporte aides, subventions, accès à du crédit peu cher et exemptions fiscales, tout va bien. Mais il y a tout lieu de penser que quand ces aides s’arrêteront, nombreuses sont les entreprises qui mordront instantanément la poussière et disparaîtront.

Les économistes ont une image pour évoquer ces entreprises : ils les appellent les “entreprises zombies” 🧟‍♀️ Aujourd’hui, elles tiennent encore debout et poursuivent tant bien que mal leur activité ; mais en réalité, elles sont déjà mortes et cela se verra instantanément le jour où l’État cessera de les soutenir – parce qu’il n’y aura plus d’argent dans les caisses, parce que les taux d’intérêt seront repartis à la hausse, ou encore, tout simplement, parce qu’il n’est pas sain de soutenir éternellement des entreprises incapables de faire croître leur activité et de générer des bénéfices.

La situation paraît encore plus critique si l’on considère les différentes régions du monde. Les pays qui ont réussi à contenir la pandémie sont déjà engagés sur un chemin de reprise économique : c’est le cas de la Chine, foyer initial de l’épidémie, de ses principaux partenaires commerciaux en Asie, ainsi que de l’Allemagne, le bon élève en Europe. En revanche, les notes de conjoncture prédisent un nouveau ralentissement sans précédent de l’économie dans les pays qui font face à une nouvelle vague de contaminations, comme l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Brésil et le Mexique.

La situation macroéconomique défavorable va d’autant plus compliquer le jeu pour les entreprises qui cherchent à se relancer, gonflant ainsi au passage les rangs de cette armée de zombies dans différents secteurs de l’économie. Dans une note alarmante mise en ligne il y a une dizaine de jours, l’assureur Allianz prédit une augmentation de 31% des faillites d’entreprises en 2021 par rapport à cette année ! Même les zombies ne vivent pas éternellement, et cela va finir par se voir dans l’année qui vient – non sans conséquences désastreuses sur le marché du travail et les finances publiques. Après tout, plus les entreprises ferment, plus les travailleurs perdent leur emploi, plus les dépenses de l’assurance chômage augmentent, contribuant à gonfler un endettement public déjà sans précédent dans l’histoire.

Comment empêcher que cette armée de zombies emporte l’économie par le fond ? Difficile de sauver des entreprises qui n’ont pas la productivité nécessaire pour survivre au choc d’une pandémie mal maîtrisée. Soutenir ces entreprises au nom du maintien de l’emploi (et dans l’idée que l’économie va repartir bientôt…) coûte cher et ne sauvera pas des organisations qui sont de toutes façons condamnées. En revanche, on peut faciliter et hâter la transition pour les travailleurs en passe de perdre leur emploi, en soutenant ces individus plutôt que leurs emplois actuels – et en facilitant l’émergence d’entreprises nouvelles et à fort potentiel de croissance grâce à une politique industrielle adaptée.

🧪 Les secrets pour faire grandir des startups

Mardi 13 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur les écosystèmes entrepreneuriaux. Beaucoup de pays, de villes et de territoires cherchent à faire grandir leur version de la Silicon Valley. En même temps, peu nombreux sont ceux qui savent quelles ressources rassembler et mélanger pour créer un écosystème entrepreneurial digne de ce nom. Dans cette conversation, Laetitia et moi discutons du livre de Brad Feld et Ian Hathaway The Startup Community Way.

🏳️‍🌈 Relancer une marque puissante : Têtu

Mercredi 14 octobre | Interview 🎧 d’Albin Serviant sur la reprise du légendaire magazine TêtuLa communauté gay française a longtemps eu son magazine : Têtu, fondé en 1995 par Didier Lestrade et Pascal Loubet. Mais après une longue période de difficultés économiques, celui-ci a mis la clef sous la porte en 2018… avant d’être repris par un groupe d’investisseurs rassemblés par Albin et de renouer avec la rentabilité. Nous en discutons, Albin et moi, dans une interview à ne pas manquer !

😨 Apprendre à vivre avec l’incertitude

Jeudi 15 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur le concept d’incertitude et comment il s’applique dans différents domaines : la gastronomie, l’entreprise, la finance, l’éducation et la société en général. Il y a peu, Laetitia a en effet découvert le travail de Vaughn Tan, auteur de The Uncertainty Mindset. Elle nous explique les leçons à tirer de l’innovation dans les cuisines des grands chefs, et nous échangeons sur l’importance du concept d’incertitude dans l’économie d’aujourd’hui.

Je m'abonne à Nouveau Départ

🇩🇪 30 ans d’unité allemande

Économiquement, culturellement et politiquement, l’Est et l’Ouest de l’Allemagne restent différents. Après 30 ans, on porte aujourd’hui sur le processus qui a abouti à l’unité allemande un regard plus nuancé qu’en 1990, quand on voulait tout effacer et oublier de la RDA. Nicolas et moi parlons dans ce podcast des histoires familiales qui nous amènent en Allemagne cette année.

👉 Écoutez 🎧 30 ans d'unité allemande 🇩🇪 (conversation “À deux voix”)—réservé à nos abonnés.

💻 Entreprendre en Afrique

Serge Boupda est le cofondateur de Diool, une entreprise de paiements sur téléphone mobile qui grandit depuis le Cameroun, son pays d’origine. Serge et Nicolas se connaissent depuis longtemps car Diool fait partie du portefeuille de The Family. Ils échangent sur les startups dans les services financiers, l’entrepreneuriat en Afrique et l’avenir de l’Afrique en général.

👉 Écoutez 🎧 Entreprendre en Afrique (conversation avec Serge Boupda)—accessible à tous.

👚 Normes vestimentaires et émancipation

Nous réagissons aux débats sur les “tenues républicaines” à l’école qui a lieu en France en même temps que le sujet du voile ne cesse de causer des controverses. Dans les deux cas, les normes vestimentaires concernent les femmes. Ces normes s’assouplissent dans la société, mais non sans heurt : le vêtement est le terrain de toutes les guerres culturelles.

👉 Écoutez 🎧 Normes vestimentaires et émancipation (conversation “À deux voix”)—réservé à nos abonnés.


Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).