May 27, 2021 • 1HR 3M

Royaume-Uni : le parti travailliste est-il fini ?

Nouveau Départ | À deux voix

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Le média de la crise et de la transition
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Notre second podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré au parti travailliste britannique. Mené par Jeremy Corbyn, il a perdu lamentablement aux législatives de 2019. Désormais avec Keir Starmer à sa tête, le Labour a à nouveau failli, en mai 2021, lors des élections partielles de Hartlepool, une circonscription qui fut longtemps un bastion travailliste. Son avenir politique est aujourd’hui incertain.

Sous le coup des conséquences désastreuses du Brexit et d’une gestion chaotique de la pandémie, le Royaume-Uni se porte mal. Il y a plus de précarité et de pauvreté que jamais. On aurait donc pu penser qu’il y a là un contexte propice à un renouveau travailliste. Après tout, on assiste aux États-Unis à une renaissance de la gauche politique ! Mais on n’observe rien de tel au Royaume-Uni.

Comme dans de nombreux pays européens (dont la France, l’Italie, l’Allemagne), le “socialisme” y est en crise. Les coalitions idéologiques et économiques sur lesquelles reposent les partis qui s’en réclament ne tiennent plus.

À ce sujet, écoutez aussi notre podcast sur l’évolution de la gauche et de la droite :

👉 La gauche et la droite : que signifient-elles aujourd'hui ?🎧

Outre-Manche, l’alliance entre les travailleurs et les intellectuels, en déclin depuis des années, a été complètement détruite par la nouvelle fracture entre les partisans du Brexit et ceux qui auraient voulu que le pays reste dans l’Union européenne.

La (relative) popularité de Boris Johnson, malgré ses erreurs, sa paresse et son amateurisme, a été renforcée par une campagne de vaccination réussie. Et pour les Britanniques favorables à la sortie de l’UE, il reste celui qui a “délivré” le Brexit.

À tout cela s’ajoute un mode de scrutin aujourd’hui systématiquement défavorable aux travaillistes. Le scrutin uninominal majoritaire à un tour favorise le parti qui rassemble au moins un quart des voix dans le plus de circonscriptions. Or les votes des progressistes et libéraux sont fragmentés (Verts, Lib-Dems, travaillistes).

En particulier, le Labour a définitivement perdu les circonscriptions écossaises qui lui étaient historiquement favorables : elles sont aujourd’hui acquises aux nationalistes écossais. Aujourd’hui, même s’il faisait un score exceptionnel, le parti ne disposerait pas d’assez de sièges pour former une gouvernement sans coalition.

Dans ce podcast, Laetitia et moi retraçons toute l’histoire du parti, de sa création en 1900 par les syndicats ouvriers, jusqu’à la période actuelle, en passant par la création du NHS après la guerre, la traversée du désert sous Margaret Thatcher, et la création du New Labour par Tony Blair.

C’est une histoire passionnante et riche car le pays qui a vu naître la révolution industrielle est aussi celui où le socialisme a connu ses premières (et plus belles ?) périodes de gloire. De plus, c’est une histoire qui n’a pas été sans influencer notre vie personnelle (nous avons habité plusieurs années dans le quartier le plus travailliste de Londres !) et qui ne cesse de nous interpeller.


La semaine prochaine, vous ne recevrez que l’interview du mercredi. Comme il y a des vacances scolaires en Bavière, Laetitia et moi passons du temps avec nos enfants et nos parents 👨‍👧👩‍👦 Vous retrouverez nos podcasts “À deux voix” dès le 8 juin !

La gauche et la droite : que signifient-elles aujourd'hui ? (podcast “À deux voix”)

La place du Royaume-Uni dans le monde (podcast “À deux voix”)


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(Générique : Franz Liszt, Angelus ! Prière Aux Anges Gardiens—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)