La grande fragmentation : comment s'y préparer ?

  
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Chers abonnés,

Aujourd’hui, dans ce nouvel épisode de notre série “À deux voix”, faite de conversations entre Nicolas et moi, nous parlons de la “démondialisation” et de ses conséquences pour les individus. Comment se préparer à un monde plus fragmenté ?

Les États-Unis se désengagent du commerce international et le Royaume-Uni vote pour le Brexit : tels sont les deux grands symboles de ce mouvement de “grande fragmentation” qui amène nos économies à se “démondialiser”. La pandémie a accéléré ce repli sur soi des économies nationales… et des familles. On a fermé les frontières, et nous avons tous compris qu’il fallait que nous comptions davantage sur nous-mêmes.

Cette fragmentation, nous l’avons subie, Nicolas et moi, dans notre vie personnelle. Arrivés à Londres en 2015, nous n’avons vécu qu’une seule année là-bas sans l’épée de Damoclès du Brexit. Les quatre autres années ont été dominées par le Brexit, les crises politiques, les débats incessants, les menaces multiples, et le sentiment que nous n’étions pas les bienvenus dans une île qui veut se replier sur elle-même.

Pourtant, nous ne cesserons pas de miser sur le développement de nos capacités (les nôtres et celles de nos enfants) à naviguer entre les cultures, à maîtriser plusieurs langues avec rigueur et exigence, à nous confronter à l’altérité des points de vue différents. Alors que le monde se fragmente, que les barrières culturelles, linguistiques, administratives et économiques deviennent de plus en plus grandes, il devient encore plus important de savoir les enjamber.

Dans cette discussion “À deux voix”, nous parlons de l’importance de la communication inter-culturelle dans un monde où les conflits pourraient devenir plus nombreux. Pour cela, nous nous appuyons sur le livre La carte des différences culturelles d’Erin Meyer, professeure à l’INSEAD :

Lorsque vous nagez dans la culture qui est la vôtre, comme un poisson nage dans l’océan, il est souvent difficile, voire impossible, de voir cette culture. Les personnes qui ont passé toute leur vie dans une seule culture ont tendance à ne voir que les différences régionales ou individuelles. Ils en viennent souvent à la conclusion que leur pays n’a pas de culture nationale caractéristique.

Si vous appréhendez chaque interaction humaine avec l’idée que la culture ne compte pas, vous allez toujours, par défaut, regarder les autres à travers le prisme de votre propre culture et vous méprendre sur leurs intentions. (Erin Meyer)

Erin Meyer étudie les relations et la communication interculturelles depuis des années. Elle aide les managers à se préparer à diriger des équipes ou à s’expatrier dans un pays de culture différente. Son livre La carte des différences culturelles, paru en français chez Diateino distingue 8 critères pour cartographier les cultures du monde, que nous discutons dans cet épisode “À deux voix” :

  1. Communication : implicite ou explicite ? Dans certaines cultures (comme au Japon), il faut connaître le contexte pour comprendre le message. Dans d’autres (comme aux Etats-Unis), tout est exprimé explicitement.

  2. Évaluation : feedback négatif direct ou indirect ? Les Français et les Allemands n’ont pas besoin d’enrober leurs critiques de phrases positives. Les Asiatiques, en revanche, ne peuvent pas recevoir ces critiques si directement.

  3. Persuasion : théorie ou applications d’abord ? Pour convaincre les autres (et être convaincus), les Français et les Allemands préfèrent commencer par la théorie, le contexte… et finir par les applications concrètes. Pas les Américains.

  4. Leadership : hiérarchique ou égalitaire ? Les Européens du nord n’ont nul besoin de la permission de leur N+1 pour s’adresser directement à leur N+2. D’ailleurs, ils ont moins de niveaux hiérarchiques que les Français.

  5. Décision : consensuelle ou prise au sommet ? Les Japonais prennent leurs décisions de manière consensuelle, tandis que chez les Américains, on décide en haut, et, en bas, on exécute sans discuter.

  6. Confiance : la tête ou le coeur ? Chez les Français (et surtout, les Chinois), la confiance se construit autour de repas partagés (de préférence, avec de l’alcool), alors que chez les Allemands, elle passe avant tout par la relation de travail.

  7. Désaccord : confrontation ou pas ? Dans les cultures non-confrontationnelles (Japon, ou Royaume-Uni, par exemples), les désaccords et les débats ouverts sont perçus comme dangereux pour l’harmonie du groupe.

  8. Horaires et perception du temps : temps linéaire ou temps flexible ? Notre perception du temps est ancrée dans la culture. Par exemple, la Suisse, l’Allemagne ou le Japon ont une vision linéaire du temps. 

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(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)